Les émissions de gaz à effet de serre

MESURER SON IMPACT POUR CIBLER SES ACTIONS

Le 23 juin 2021, l’Agence France-Presse relayait une fuite du 6ème rapport du GIEC*, dont la version définitive doit être publiée l’année prochaine. Plus alarmistes que jamais, les experts du climat nous annoncent des conséquences cataclysmiques à court terme si nous ne prenons pas de mesures drastiques très rapidement.
Au mois de juillet, l’actualité leur donnait raison avec une série de catastrophes naturelles d’une rare intensité : incendies à perte de vue dans l’ouest américain, record de température à près de 50°C au Canada, inondations dévastatrices en Europe et en Chine… L’heure n’est plus aux demi-mesures.


Pour limiter le réchauff ement climatique à 1,5°C (ce que préconise désormais le GIEC), nous devons réduire les émissions mondiales de gaz à eff et de serre de moitié d’ici à… 2030 ! C’est dire l’ampleur de la tâche qui nous attend. Soyons clair : ce n’est pas en achetant des brosses à dents en bambou et en remplaçant nos vieilles ampoules par des LED que nous y arriverons.


Ces enjeux doivent être abordés de façon méthodique. C’est en mesurant nos impacts que nous pourrons déterminer et hiérarchiser les actions à mettre en place. Dans cette optique, nous avons réalisé avec l’association APESA le bilan carbone** d’un cabinet d’orthodontie. Les résultats de cette étude, qui seront publiés prochainement, montrent que certains éco-gestes qui sont régulièrement mis en avant ont finalement peu d’impact (éteindre la lumière en sortant d’une pièce par exemple). À l’inverse, certains postes d’émissions de gaz à effet de serre sont complètement absents des débats sur la question. C’est par exemple le cas du numérique (mails, stockage de photos en ligne…), qui a un poids non négligeable dans le bilan carbone. En effet, les infrastructures sur lesquelles reposent ces flux (réseaux, data-centers…) ont des impacts très importants, même si nous ne les voyons pas directement.


De manière générale, il est difficile de tirer des conclusions sans analyse rigoureuse de l’ensemble du cycle de vie. Quand on prend en compte tous les impacts cachés, on s’aperçoit par exemple qu’un gobelet compostable fabriqué à partir de matière végétale peut être pire qu’un gobelet en plastique jetable*** !
Aiguisons notre esprit critique et sachons dépister les fausses bonnes idées. 

schéma evolution concentration CO2

.GIEC : Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat.
**. Le Bilan Carbone est un outil qui permet de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre. Il prend en compte les émissions directes, mais aussi les émissions indirectes, en amont et en aval de l’activité analysée.
***. Ministère des Sports - Evea, Revue bibliographique et scientifique des études d’impact environnemental des différents gobelets utilisés sur des évènements, 2020.

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Date de publication: 04 octobre 2021